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Introduction au Bouddhisme"
 


 

Textes complémentaires

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    Texte 1 : extrait du Mahâsaccaka-sutta (récit de la vie du bodhisatta Sâkyamuni)
    Texte 2 : extrait du Dîpankara-buddha-vamsa ("Chronique du Buddha Dîpankara")
    Texte 3 : divers textes présentant la pratique des Brahmâ-vihâra (Quatre Demeures Sublimes)
    Texte 4 : Mahâ-satipatthâna-sutta, le "Grand discours sur l'établissement de l'attention" 

 

 

      Texte complémentaire 2

      extrait du Dîpankara-buddha-vamsa ("Chronique du Buddha Dîpankara")
      traduction du pâli présentée par Jacques Martin in "Introduction au Bouddhisme"
      éd. Le Cerf, coll. "Patrimoines - bouddhisme", Paris, 1989

      Vous pouvez télécharger ce texte en format ".pdf" (document de 4 pages).  


      Ce texte, tiré du canon pâli, est très certainement tardif sans qu'on puisse le dater avec exactitude.
      Le Bouddha Sâkyamuni y évoque sa rencontre, dans une vie antérieure (alors qu'il était un brahmane nommé Sumedha), avec le samyaksam-buddha Dîpankara, l'un de ses prédécesseurs bien antérieur aux six Tathâgata évoqués dans le Mahâ'padâna-sutta.
      L'épisode est important, car c'est au cours de cette rencontre que le bodhisattva se voit confirmer sa future qualité de samyaksam-buddha, par Dîpankara lui-même ainsi que par les dieux, juste après qu'il a renoncé à devenir lui-même un sravaka-buddha, renforçant ainsi sa décision de s'engager sur la voie du bodhisatta.

 

    Il y a cent mille et quatre immenses éons existait une ville nommée Amara, agréable à contempler et magnifique. Pourvue des dix sons, fournie en boissons et nourriture, ayant le son de l'éléphant, le son du cheval, des timbales, des conques et des chariots aussi bien que : "Mangez ! Buvez !" car elle était renommée pour sa nourriture et ses boissons. Une ville dotée de tous ses éléments, ayant réalisé tous ses travaux, possédant complètement les sept joyaux, peuplée de toutes sortes de gens, prospère comme une cité des dieux, résidence de ceux qui accomplissent des actes méritoires.

    Dans la ville d'Amaravati, un Brahmane nommé Sumedha avait accumulé d'innombrables biens ; il avait de nombreuses richesses en grain. C'était un érudit versé dans les textes brahmaniques, expert en paroles sacrées et en les trois Veda, parvenu à la perfection dans la connaissance des signes, dans la tradition orale et dans la vraie religion.

    La vocation du brahmane Sumedha

    Etant assis à l'écart, je pensais alors ainsi : "Une nouvelle existence est souffrance, et en vérité la destruction du corps physique l'est aussi. Je suis assujetti à la naissance, assujetti à la vieillesse et à la maladie. Eh bien, je vais chercher la sérénité sans vieillesse, sans mort, en paix. Ainsi maintenant, ayant abandonné ce corps puant, rempli de toutes sortes de cadavres, je pourrai aller sans désir, sans besoin.

    Comme un homme tombé dans des immondices voyant un bassin rempli [s'il] ne souhaite pas [aller dans] ce bassin, ce n'est pas la faute de ce bassin. Ainsi, existant une base immortelle purifiée des souillures et des impuretés (kilesa), ne pas chercher cet état n'est pas la faute de cette base immortelle. Comme un homme encerclé par des ennemis ne s'enfuit pas alors qu'un chemin existe pour s'échapper, ce n'est pas la faute du [chemin] direct. De même [celui qui], entouré de souillures, [bien qu'] existe un chemin auspicieux, ne cherche pas ce chemin, ce n'est pas la faute du chemin direct [et] auspicieux. Comme un homme affecté par la maladie, [bien qu'] existe un médecin, ne fait pas soigner cette maladie, ce n'est pas la faute du médecin. Ainsi [celui qui, étant] malheureux, accablé par les mala­dies des souillures ne cherche pas ce maître, la faute n'en est pas au guide. Comme un homme, ayant cherché à se débarrasser d'un cadavre attaché à son cou, s'en étant libéré peut aller heureux, libre, selon sa propre volonté.

    Ainsi ayant rejeté ce corps puant, accumulation de toutes sortes de cadavres, je peux aller sans désir, sans besoin. Comme des hommes et des femmes, ayant rejeté dans une latrine, vont sans désir, sans besoin. Ainsi aussi, ayant rejeté ce corps, plein de toutes sortes de cadavres, j'irai dans une hutte d'ascète, m'étant soulagé. Comme un propriétaire, ayant abandonné un très vieux bateau brisé et qui prend l'eau, part sans désir, sans besoin. Ainsi, ayant aussi rejeté ce corps aux neuf orifices coulant constamment, j'irai comme le propriétaire de ce bateau brisé. Comme un homme ayant emporté des marchandises, voyageant avec des voleurs, ayant vu le danger que ses biens soient pillés, ayant quitté [les voleurs], part. Ainsi aussi, ayant abandonné ce corps semblable à un grand voleur, j'irai sans craindre la destruction des choses bonnes."

    L'ascète Sumedha

    Ayant ainsi réfléchi, ayant donné aux riches et aux pauvres une richesse de plusieurs centaines de millions, je parvins à l'Himalaya. Non loin de l'Himalaya était une montagne nommée Dhammaka. Mon ermitage bien construit était une hutte de feuilles bien faite. Ainsi, je construisis un promenoir exempt des cinq défauts ; j'acquis le pouvoir de la Connaissance surnaturelle possédant les huit qualités. Ainsi, je renonçai à mon manteau; aux neuf défauts et me vêtis d'un vêtement d'écorce pourvu des douze qualités. Je renonçai à la hutte de feuilles pourvue des huit défauts [et] j'atteignis le pied d'un arbre pourvu des dix qualités. J'abandonnai complètement le grain semé et planté et je pris des fruits sauvages pourvus de nombreuses qualités.

    Là je fis des efforts en étant assis, en étant debout, en marchant. En une semaine j'obtins le pouvoir de la Connaissance surnaturelle. De cette manière, j'ai obtenu les accomplissements (siddhi) et je suis devenu un maître dans l'enseignement.

    Apparition du samyaksam-buddha Dîpankara

    Le Victorieux (jina), guide du monde nommé Dîpankara apparut. Absorbé dans le plaisir de la méditation, je ne vis pas les quatre signes [concernant] l'apparition, la naissance, l'Eveil, la prédication de la doctrine. [Les habitants} de la région voisine ayant invité le Tathâgata nettoyèrent le chemin pour sa venue, l'esprit satis­fait.

    En ce temps-là, étant parti de mon propre ermitage, secouant mes vêtements d'écorce, j'allai alors "à travers le ciel". Ayant aperçu des gens enthousiastes, satisfaits et joyeux, réjouis, étant descendu du ciel, je demandai immédiatement aux gens : "Satisfaite et joyeuse, réjouie, enthousiaste est cette foule. Pour qui est nettoyée la route droite, le chemin direct ?". Interrogés, ils m'expliquèrent: "Un Buddha suprême (annutara) nommé Dîpankara le Victorieux est apparu dans ce monde, c'est pour lui que la route droite, le chemin direct est nettoyé."

    Ayant entendu le mot "Buddha", la joie naquit en moi tout de suite. Disant "Buddha, Buddha", j'exprimai ainsi mon allégresse. Là, me tenant debout, je pensai satisfait, tout ému : "Ici je vais planter des semences. Ne perdons pas un seul instant." "Si vous nettoyez pour le Buddha, donnez-moi une place ; je vais moi aussi nettoyer la [route] droite, le chemin direct." Ils me donnèrent alors une place à nettoyer. Alors, en pensant "Buddha, Buddha", je nettoyai la route.

    Ma partie [de chemin] n'étant pas encore terminée, le Grand Sage Dîpankara, le Victorieux, entra sur la route droite avec quatre cent mille [personnes ayant] les six branches de la Connaissance surnaturelle, libres d'obstructions mentales, sans souillures. Beaucoup se déplacent, venant à [sa] rencontre, jouant du tambour. Hommes et dieux joyeux crient : "Bien !" Les dieux voient les hommes et les hommes aussi [voient] les dieux, et les deux aussi, les mains jointes, suivent le Tathâgata. Les dieux avec leurs instruments de musique divins et les hommes avec leurs propres [instruments] humains, ensemble, en jouant, suivent le Tathâgata. Les divinités, venant comme un nuage dans le ciel, jettent des fleurs de l'arbre de corail divin, des lotus et des fleurs de l'arbre de corail dans toutes les directions. Depuis la surface de la terre, les hommes jettent en l'air, dans toutes les [directions], des fleurs de sala, nîpa, nâga, punnâga, ketaka, campaka.

    Ici, ayant dénoué mes cheveux, ayant étendu dans la boue ma peau et le vêtement d'écorce, je me couchai, la face contre le sol. Ayant marché sur moi, que le Buddha passe avec ses disciples. Qu'il ne marche pas dans la boue ; ce sera bénéfique pour moi. Couché sur la terre, mes pensées étaient celles-ci : "Je souhaite brûler mes souillures maintenant. Pourquoi moi, qui ai l'aspect d'un inconnu, verrais-je ici la Doctrine avec évidence pour moi [seul] ? Ayant atteint l'Omniscience, je deviendrai un Buddha dans le monde des hommes et des dieux. Pourquoi serais-je le seul homme à "traverser", ayant vu sa fermeté ? Ayant atteint l'Omniscience, je ferai traverser [les êtres], dans le monde des hommes et des dieux. Par ce service méritoire rendu par moi au plus élevé des hommes, ayant atteint l'Omniscience, je [veux] faire traverser de nombreuses personnes. Ayant coupé le courant de la transmigration, ayant détruit les trois [formes] d'existence, étant monté sur le bateau de la Doctrine (Dhamma), je ferai traverser [les êtres], dans le monde des hommes et des dieux. La résolution se réalise à partir de la réunion de huit conditions : une exis­tence humaine, la caractéristique sexuelle [mâle], la cause, la rencontre avec un maître, l'abandon du monde, les qualités, le service et la volonté."

    La "confirmation" de Dîpankara

    Dîpankara, Connaisseur de l'Univers, réceptacle des marques de vénération, étant debout près de ma tête, prononça alors ces mots : "Voyez cet ascète aux cheveux tressés qui se livre à une ascèse intense, dans d'innombrables éons, il deviendra un Buddha dans le monde. Ayant quitté la charmante ville nommée Kapila[vastu], ayant fait des efforts de concentration, ayant accompli des austérités. S'étant assis au pied d'un arbre Ajapâla, ayant reçu du riz bouilli dans du lait, le Tathâgata se rendra alors au bord de la Nerañjarâ. Ayant reçu le riz [bouilli dans du lait] sur le bord de la Nerañjarâ, ce Victorieux ira au pied de l'arbre de l'Eveil par l'excellent chemin préparé. Ayant alors effectué une circonvolution autour de l'aire de l'Eveil, le suprême de grande gloire s'éveillera au pied de l'arbre Assatha. La mère génitrice sera nommée Mâyâ, son père sera nommé Suddhodana [et] il sera Gotama. Libres des quatre courants impurs, l'esprit débarrassé des passions et calme, concentrés, Kolita et Upatissa deviendront ses disciples principaux. L'assistant qui servira le Victorieux s'appel­lera Ananda ; Khemâ et Uppalavannâ seront les chefs de ses disciples féminins. Libres des quatre courants impurs, sans passion, l'esprit calme, concentrés ; l'arbre de l'Eveil du Béni [sera] appelé Assatha. Citta et Hatthâlavaka seront les chefs des serviteurs ; Nandamâtâ et Uttarâ seront les chefs des servantes féminines. "

    Alors, ayant entendu ce discours du Grand Sage sans égal, les hommes et les dieux, réjouis [pensèrent] : "Celui-ci est le germe de la graine du Buddha". Les sons des acclamations se firent entendre, Les [habitants] des dix mille mondes ensemble avec les dieux applaudirent, rirent et les mains jointes saluèrent [le Buddha]. "Si nous manquons l'enseignement de ce Maître du monde [Dîpankara], dans les temps futurs nous serons face à face avec celui-ci [Sumedha, futur Sâkyamuni]. Comme des hommes, traversant une rivière, ayant manqué la rive opposée, ayant emprunté [alors] un gué en aval, traversent la grande rivière. De même si l'on manque ce Vainqueur, dans le futur, nous serons face à face avec celui-ci."

    Dîpankara, Connaisseur du monde, lui qui reçoit des offrandes, ayant loué hautement mon action, leva le pied droit. Alors, tous les disciples du Vainqueur qui étaient là firent la circonvolution par la droite autour de moi. Les dieux, les hommes et les asura ayant salué avec respect partirent.

    Lorsque le guide du monde avec la Commu­nauté furent sortis de ma vue, m'étant relevé de ma position couchée, je m'assis alors les jambes croisées. Heureux, [transporté] de bonheur, réjoui, rempli d'allégresse et de joie, je m'assis alors les jambes croisées. M'étant ainsi assis les jambes croisées, je pensai alors : "Je suis devenu un maître dans la méditation et suis parvenu à la perfection dans la Connaissance surnaturelle. Dans les milliers de mondes il n'y a aucun sage qui soit mon égal ; sans égal dans les pouvoirs surnaturels,  j'ai obtenu un tel bonheur."

    La "confirmation" par les dieux

    Tandis que j'étais assis les jambes croisées, [les habitants] des dix mille mondes émirent une grande clameur : "Sûrement, tu deviendras un Buddha. Les signes qui étaient visibles pour les Bod­hisatta jadis assis les jambes croisées sont visibles maintenant. Le froid disparaît et la chaleur est apaisée ; ceci est visible maintenant : sûrement, tu deviendras un Buddha. Les habitants des dix mille mondes deviennent silencieux et calmes. Les grands vents ne soufflent plus, les rivières ne coulent plus. Toutes les fleurs qui poussent sur le sol et dans l'eau fleurissent à ce moment. Les lianes et les arbres portent des fruits à ce moment, tous sont en fruits maintenant. Les joyaux célestes et terrestres resplendissent à ce moment, [tous] ces joyaux resplendissent aussi maintenant. Les dieux et les hommes jouent d'instruments de musique, à ce moment, tous retentissent aussi maintenant. Des fleurs multicolores pleuvent du ciel à ce moment, ceci aussi est visible maintenant. L'océan se retire, les [habitants] des dix mille mondes tremblent, tous les deux aussi retentissent maintenant. Les dix mille feux aussi s'éteignent dans les enfers, à ce moment, ces feux aussi se sont éteints maintenant. Le soleil devient pur, toutes les étoiles sont visibles. L'eau jaillit de la terre qui n'avait pas reçu de pluie à ce moment. Les multitudes d'étoiles et les constellations resplen­dissent sur la voûte céleste, visâkhâ est en conjonction avec la lune. Les [animaux] des terriers et des grottes quittent leurs propres refuges, ces refuges aussi sont abandonnés maintenant. Il n'y a pas de déplaisir parmi les êtres, ils sont satisfaits, tous sont satisfaits maintenant. Les maladies cessent alors et la faim disparaît. Les passions deviennent alors très faibles, la haine (dosa) et l'égarement (moha) disparaissent, toutes ont aussi disparu maintenant. La peur n'existe plus alors, ceci aussi est visible maintenant : par ces signes nous savons que tu deviendras sûrement un Buddha. La poussière ne s'envole pas ; l'odeur déplaisante s'éloigne, l'odeur divine se diffuse. Tous les dieux sont visibles à l'exception des Sans-Formes. Aussi loin que ce qui est nommé Niraya, tout est visible à ce moment, tout aussi est visible maintenant : sûrement, tu deviendras un Buddha. Les murs, les panneaux de portes et les pierres ne sont plus des obstacles, ils sont maintenant devenus [comme] l'espace. La mort et la naissance n'existent plus à ce moment, ceci est visible maintenant : sûrement, tu devien­dras un Buddha. Ayant fermement saisi l'énergie sans te retour­ner, va de l'avant. Nous savons aussi que tu deviendras sûrement un Buddha."

    Ayant entendu les deux discours, [celui] du Buddha et [celui] des dix mille, ravi et satisfait, tout joyeux, je pensai alors : "Les paroles du Buddha ne sont pas à double sens, les paroles du Victorieux ne sont pas fausses. Assurément, je deviendrai un Buddha. Comme une motte de terre jetée dans le ciel tombe certainement sur le sol ; comme aussi la mort de tous les êtres est sûre et certaine ; comme, le déclin de la nuit étant arrivé, le lever du soleil [arrive] sûrement ; comme le rugissement du lion quittant sa couche est certain ; comme pour les êtres [tombés dans les transmigrations] l'accouchement d'une femme enceinte est certain, la parole des meilleurs des Buddha est sûre et certaine; il n'y a rien d'erroné chez le Buddha. Assurément, je deviendrai un Buddha."

 

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